Une maladie semble accroître la mortalité des bouquetins

C'est l'un des enseignements importants du programme de suivi télémétrique des bouquetins des Écrins : tous les animaux qui ont été autopsiés sont touchés par la maladie caséeuse, courante mais non mortelle chez les ovins domestiques bien alimentés. Les animaux sauvages touchés, eux, sont affaiblis et ne parviennent pas toujours à survivre à la période hivernale. Certaines pratiques pastorales en alpage peuvent réduire les risques de contamination.

Connaître les raisons de la mortalité des bouquetins est l'un des objectifs importants du programme de capture et de marquage d'animaux dans les Ecrins.

"En cas de mortalité, il est en effet possible de retrouver au plus vite les cadavres d'animaux marqués, grâce à un dispositif « d'alerte mortalité » et à la localisation GPS transmise par le collier émetteur" explique Michel Bouche, technicien "patrimoines" du Parc national des Ecrins. Vétérinaire de formation, il coordonne plus particulièrement cet aspect sanitaire, en lien avec le laboratoire vétérinaire départemental des Hautes-Alpes. "La découverte précoce d'un cadavre rend alors possible une autopsie dans de bonnes conditions, ce qui peut permettre de déterminer la ou les causes possibles de la mort."

La recherche de ces cadavres est parfois un peu ardue, surtout en hiver. Les agents du Parc national interviennent alors dans le domaine escarpé du bouquetin, parfois très loin des accès routiers.

Il faut ensuite, soit ramener un cadavre de plus de 70 kg, soit « mettre les mains dans le cambouis » pour effectuer une autopsie et prélever les organes internes sur place.

"Grâce à la formation assurée par l'ATEN (atelier technique des espaces naturels) et le Laboratoire vétérinaire des Hautes-Alpes, une partie des agents du Parc national est capable de réaliser une autopsie de l'animal" indique Ludovic Imberdis, chargé de mission faune du Parc national. "Il s'agit d'estimer l'état général de l'animal et de tenter de repérer des lésions externes et/ou internes. Les organes portant des signes anormaux et les organes filtrants (poumon, foie, rein) sont prélevés pour analyse".

Depuis 2013, sept animaux équipés de collier sont morts, tous entre fin décembre et début mars, soit pendant la période hivernale.

Lire la suite de l'article