Le bouquetin des Alpes

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C'est une belle matinée de printemps. Les gardes-moniteurs, accompagnés de vétérinaires, observent les bouquetins descendus chercher l'herbe printanière.

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La harde, une trentaine de boucs, est calme. Certains sont couchés, d'autres broutent, quelques-uns s'affrontent : cabrés sur leurs pattes arrières, ils se jettent l'un sur l'autre et entrechoquent violemment leurs cornes.

Ces joutes, que l'on peut observer toute l'année, permettent d'établir la hiérarchie au sein d'une harde.

Fiche d'identité

Nom latin Capra ibex
Ordre Ongulés 
Nom commun Bouquetin, bouquetin des Alpes
Répartition Arc alpin
Différences mâle - femelle le mâle adulte (bouc) est trapu et possède de longues cornes striées mesurant jusqu'à 1 m de long et pesant jusqu'à 8 kg. Pour pouvoir supporter ce poids, son crâne est large, son cou possède des muscles très développés et sa nuque est puissante. La femelle (étagne) est plus petite et ses cornes, plus fines, ne dépassent pas 30 cm de long. Son pelage est plus clair que celui du mâle. 
Couleur brun clair en été, plus foncé l'hiver 
Longueur 1.30 - 1.50 m (mâle), 1 - 1.25 m (femelle)
Hauteur au garrot 90 cm (mâle), 75 cm (femelle) 
Poids l'étagne pèse entre 40 et 50 kg, certains mâles peuvent peser jusqu'à 120 kg. 
Mode d'alimentation le bouquetin est herbivore. Comme le chamois il s'alimente tôt le matin et le soir en fin de journée. Il passe le restant de la journée à ruminer. Il se nourrit de graminées, de légumineuses, de rhododendrons ou de mousses et peut même digérer les lichens. 
Reproduction La période de reproduction a lieu de mi-décembre à mi-janvier. La femelle met bas un cabri tous les un à deux ans, en juin. 
Espérance de vie 15 à 20 ans, jusqu'à 22 ans

Trop confiant, il a failli disparaître...

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Face à un danger, le bouquetin ne s'enfuit pas : il se réfugie dans une paroi rocheuse où il se croit à l'abri.

Cette stratégie lui a permis pendant des millénaires d'échapper aux prédateurs terrestres. Mais elle s'est révélée inefficace face à l'homme après l'invention de l'arbalète et du fusil.

Résultat, le bouquetin a failli disparaître au 19e siècle. Il n'a dû sa survie qu'à la protection mise en œuvre par l'Italie qui hébergeait la dernière population de bouquetins.

...avec l'aide de l'Homme, il revient pas à pas dans les Alpes

Les réintroductions successives ainsi que sa protection dans les autres pays des Alpes ont permis au bouquetin de re-coloniser peu à peu tout l'arc alpin.

La première réintroduction en France a eu lieu dans le massif des Cerces, en 1959.

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Dans le massif des Écrins, trois réintroductions ont eu lieu : en 1977 dans l'Embrunais (qui n'a pas fonctionné), en 1989 dans le Valbonnais, et en 1994-1995 dans le Champsaur. Depuis, de véritables populations se sont installées et investissent progressivement les vallées du massif.

L'as du rocher

Insensible au vertige et très agile, le bouquetin affectionne les parois rocheuses abruptes.

Son sens de l'équilibre et ses sabots adhérents, véritables « chaussons d'escalade », lui permettent de passer là où aucun autre mammifère ne peut le suivre.

La capture

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Après avoir chargé son fusil téléanesthésique, un garde-moniteur vise la cuisse d'un des bouquetins, et tire. La seringue, repérable à son pompon rouge, part avec un claquement sec et se plante dans la cuisse de la bête. Le bouquetin tressaille, court sur quelques mètres, puis s'arrête.

Au bout de quelques minutes, il baisse la tête, puis ses jambes fléchissent et il s'écroule, endormi par le produit anesthésiant. Pendant son sommeil, les vétérinaires mesurent l'animal, l'examinent et lui font une prise de sang. Les gardes le préparent pour le transport vers le massif où est prévue la réintroduction.

Quinze animaux iront ainsi fonder une nouvelle population, loin des parois rocheuses de leur naissance.